Le kiwi séduit par sa vigueur et sa générosité, mais ce fruitier peut traverser quelques passages délicats lorsqu’il croise des champignons, des bactéries ou des insectes un peu trop insistants. Pour vous aider à garder une liane saine et productive, cette introduction pose les bases : repérer rapidement les signaux d’alerte, comprendre l’origine des taches, flétrissements ou décolorations, et anticiper les bons gestes pour maintenir votre actinidia en pleine forme. Vous allez découvrir les maladies les plus fréquentes, leurs symptômes typiques et les actions simples à mettre en place pour protéger durablement votre plante.
- Chancre bactérien du kiwi (Pseudomonas syringae pv. actinidiae)
- Pourriture grise (Botrytis cinerea)
- Pourritures racinaires (Phytophthora, Armillaire et autres champignons du sol)
- Taches foliaires (Pseudocercospora et autres champignons)
- Sclérotinia et autres « moisissures blanches »
- Maladies virales (mosaïques, marbrures, déformations)
Chancre bactérien du kiwi (Pseudomonas syringae pv. actinidiae)
Le chancre bactérien reste la maladie la plus redoutée pour un pied de kiwi : il progresse vite, s’installe profondément dans les tissus et affaiblit durablement la liane. La bactérie responsable circule facilement lors des épisodes humides et froids, mais aussi au moment de la taille ou dès qu’une blessure expose le bois. Le vent, la pluie, les éclaboussures d’arrosage, les outils ou le matériel contaminé participent largement à sa diffusion, ce qui explique pourquoi une plante saine peut soudain montrer des symptômes quelques semaines plus tard.
Les premiers signaux apparaissent sur le feuillage : de petites taches brunes irrégulières, cerclées d’un halo jaunâtre, trahissent la présence de la bactérie. Les feuilles se dessèchent en partie, puis les jeunes pousses brunissent ou se flétrissent brutalement. Les inflorescences noircissent, se dessèchent et tombent avant même d’avoir fleuri correctement, réduisant la production à venir. Sur le bois, la maladie devient encore plus spectaculaire : des chancres sombres se creusent, parfois fissurés, avec un exsudat blanchâtre à brun qui sèche en croûtes. Lorsque ces lésions encerclent un rameau, celui-ci dépérit complètement. Une attaque sévère peut conduire à la mort du pied.
Protéger le kiwi passe alors par plusieurs gestes simples :
- surveiller le feuillage et les pousses au printemps, moment où le développement est rapide ;
- désinfecter systématiquement les outils avant chaque taille ou intervention.
Une bonne aération de la ramure, un palissage évitant les frottements et une gestion prudente de l’irrigation réduisent nettement les risques.
Pourriture grise (Botrytis cinerea)
Botrytis fait partie de ces champignons présents partout dans le jardin. Le kiwi n’y échappe pas, surtout lorsque l’humidité persiste longtemps sur le feuillage ou autour des fleurs. Les brouillards matinaux, la pluie suivie d’un redoux ou les arrosages au-dessus du feuillage créent un environnement parfait pour que le mycélium se développe.
Les attaques débutent par de petites taches brunâtres sur les jeunes organes : fleurs, feuilles, pédoncules. Très vite, un feutrage gris et poudreux typique apparaît : ce sont les spores que le champignon disperse au moindre contact. Sur le fruit, la maladie est encore plus visible. Des zones molles brun-gris se répandent, puis un voile gris recouvre le kiwi qui finit par pourrir entièrement. Les dégâts se remarquent surtout en fin de maturation ou pendant la conservation.
Limiter la pourriture grise passe par une surveillance accrue lors des périodes humides. Une végétation trop dense doit être aérée pour permettre à l’air de circuler. L’arrosage doit éviter le feuillage, et les fruits abîmés doivent être retirés rapidement pour ne pas devenir des foyers d’infection. Dans un jardin bien ventilé, Botrytis reste généralement sous contrôle.
Pourritures racinaires (Phytophthora, Armillaire et autres champignons du sol)
Les maladies racinaires se développent dans des sols lourds ou mal drainés. Les excès d’eau créent une asphyxie du système racinaire, ce qui ouvre la voie à des organismes comme Phytophthora ou Armillaria. Le kiwi, bien que vigoureux, tolère mal la stagnation d’eau autour du collet.
Le feuillage prend une teinte jaunâtre diffuse, les feuilles sont plus petites et la croissance ralentit. Par temps chaud, la plante se flétrit alors même que le sol reste humide : un signe classique d’un système racinaire qui ne fonctionne plus correctement. En observant les racines, on repère un brunissement avancé, des parties spongieuses ou qui se délitent. Lorsque le collet pourrit, la plante décroît rapidement et peut mourir.
Pour réduire le risque, tout commence par la préparation du terrain. Un sol bien travaillé, enrichi en matière organique mais surtout parfaitement drainé, reste la meilleure protection. Les arrosages doivent rester maîtrisés et adaptés aux besoins réels de la plante. Une plantation légèrement surélevée ou en butte peut aussi aider si le jardin retient l’eau.
Taches foliaires (Pseudocercospora et autres champignons)
Plusieurs champignons provoquent des taches foliaires sur le kiwi. Ces maladies, moins spectaculaires que le chancre, n’en demeurent pas moins gênantes, surtout lorsque l’été reste humide. L’humidité stagnante sur les feuilles et une végétation trop dense sont les principaux facteurs favorisant leur apparition.
Les taches, d’abord petites, brunes ou grisâtres, peuvent s’étendre progressivement. Certaines présentent un centre plus clair entouré d’un liseré sombre. Lorsque les attaques deviennent importantes, les taches confluent, provoquant un jaunissement et une chute prématurée des feuilles. Le pied de kiwi se retrouve partiellement dégarni, ce qui affecte sa vigueur et peut réduire la production l’année suivante.
Le contrôle de ces maladies repose sur quelques gestes accessibles : supprimer les feuilles très atteintes dès leur apparition, éclaircir légèrement la végétation et éviter les excès d’azote qui encouragent une croissance trop tendre. Une bonne circulation de l’air autour de la plante suffit souvent à rétablir l’équilibre.
Sclérotinia et autres « moisissures blanches »
Dans certaines conditions très humides et fraîches, d’autres champignons comme Sclerotinia sclerotiorum peuvent s’installer sur le kiwi. Ils touchent surtout les fleurs, les pédoncules ou les jeunes fruits. Le symptôme visuel est facilement identifiable : un feutrage blanc cotonneux qui s’étend sur les tissus atteints.
Ces parties se ramollissent, pourrissent et finissent par tomber. Le champignon peut produire de petits grains noirs – les sclérotes – qui lui permettent de passer l’hiver et de réinfecter la plante l’année suivante. Ce type de maladie compromet surtout la nouaison, réduisant le nombre de fruits produits.
Limiter le risque consiste à éviter les ambiances confinées. Un palissage aéré, un espacement correct entre les pieds et le retrait rapide des parties infectées permettent généralement de contenir ces champignons. Une attention particulière lors des jours humides du printemps est bienvenue.
Lire aussi : Comment tuteurer les kiwis ?
Maladies virales (mosaïques, marbrures, déformations)
Les viroses du kiwi sont moins courantes que les maladies fongiques ou bactériennes, mais elles existent. Elles proviennent souvent d’un matériel végétal déjà infecté ou d’insectes vecteurs comme les pucerons. Une simple greffe réalisée avec un fragment contaminé peut suffire à introduire le virus dans toute la plante.
Les feuilles montrent alors des motifs caractéristiques : marbrures vert clair et vert foncé, mosaïques, anneaux plus pâles, voire déformations. Certaines feuilles restent petites, d’autres se gondolent. Le pied conserve une apparence globalement saine mais perd de la vigueur. Les fruits sont parfois plus petits et moins nombreux.
Il n’existe pas de traitement curatif contre un virus. La prévention reste donc la meilleure stratégie :
- utiliser des plants certifiés sains ;
- limiter la présence des pucerons grâce à une biodiversité favorable (coccinelles, syrphes, mésanges).
Un kiwi présentant des symptômes viraux persistants doit être surveillé sur plusieurs mois. Si la production chute fortement ou que les déformations s’aggravent, il peut être judicieux de le remplacer pour éviter une contamination future.
À découvrir également :






