Multiplier un kiwi par bouturage permet d’obtenir un nouveau plant fidèle à la variété d’origine, sans passer par le semis ni attendre de longues années avant la fructification. Cette méthode simple, accessible même aux jardiniers amateurs, repose surtout sur le bon choix du bois et du moment d’intervention. Comment réaliser cette opération ? Notre guide pratique.
Pourquoi bouturer un kiwi ?
Le kiwi est une liane vigoureuse qui produit chaque année de longs rameaux souples, parfaitement adaptés au bouturage. En prélevant une portion de tige de l’année et en la plaçant dans de bonnes conditions, la plante est capable de produire ses propres racines et de devenir autonome. Cette technique présente un avantage majeur : le nouveau plant est strictement identique au pied d’origine, avec la même variété et le même sexe. C’est un point déterminant, car un kiwi femelle donnera toujours un autre kiwi femelle, tandis qu’un pied mâle bouturé restera un pollinisateur.
Le bouturage s’inscrit bien dans une logique de jardin vivant et patient. Il demande un peu de méthode, mais reste accessible dès lors que l’on respecte la physiologie de la plante et son besoin constant d’humidité pendant la phase d’enracinement.
Quand bouturer un kiwi pour de bons résultats ?
Le kiwi se bouture principalement en été, lorsque la plante est en pleine croissance et que les tiges sont encore jeunes. Entre la fin du printemps et la fin de l’été, les rameaux de l’année présentent un équilibre intéressant entre souplesse et maturité. En début de saison, les boutures herbacées, très vertes, racinent vite mais réagissent fortement au manque d’eau. En fin d’été, les boutures dites semi-ligneuses, légèrement durcies, se montrent plus tolérantes et mieux armées pour la suite.
Dans les deux cas, la chaleur et une humidité régulière favorisent l’émission des racines. Un bouturage réalisé trop tôt ou trop tard donne des résultats plus aléatoires.
Bien choisir et préparer les rameaux
La qualité du rameau conditionne largement la reprise. Il est préférable de prélever sur une plante saine, vigoureuse et bien exposée, sans trace de maladie ni de stress.
On découpe des tronçons d’environ 10 à 15 cm, portant deux à trois nœuds bien formés. La coupe inférieure se fait juste sous un nœud, zone naturellement riche en tissus capables de produire des racines. La coupe supérieure se place au-dessus d’un nœud, nette et franche, avec un sécateur propre.
Les feuilles du bas sont retirées pour éviter le pourrissement dans le substrat. Celles du sommet sont conservées, mais raccourcies, afin de limiter l’évaporation tout en maintenant une activité photosynthétique minimale.
Substrat, stimulation racinaire et mise en pot de la bouture
Le kiwi apprécie un milieu aéré, humide mais jamais saturé d’eau. Un substrat trop compact freine la respiration des futures racines et augmente les risques de pourriture.
Un mélange léger à base de terreau fin, associé à un matériau drainant comme le sable ou la perlite, offre un bon compromis. La bouture est plantée sur environ un tiers de sa longueur, en veillant à bien plaquer le substrat autour de la tige.
Pour encourager l’apparition des racines, la base peut être trempée dans une hormone de bouturage ou dans une préparation naturelle comme l’eau de saule. Cette étape n’est pas indispensable, mais elle améliore la régularité des résultats, surtout lorsque plusieurs boutures sont réalisées.
La culture à l’étouffée, clé de la réussite
Le point sensible du bouturage du kiwi reste la gestion de l’humidité de l’air. Tant que la bouture n’a pas formé de racines, elle ne peut pas compenser la perte d’eau par ses feuilles.
La culture à l’étouffée permet de créer un microclimat humide autour de la plante. Une cloche, une mini-serre ou un simple sac plastique transparent fait très bien l’affaire, à condition de ne jamais toucher le feuillage. L’ensemble est placé à la lumière, mais sans soleil direct, pour éviter les montées en température.
Le substrat est maintenu légèrement humide, sans excès. Quelques pulvérisations suffisent souvent, surtout si l’étouffée est bien mise en place. Cette phase demande de l’observation, plus que des interventions répétées.
Observer l’enracinement et accompagner la reprise
Les premières racines apparaissent généralement après plusieurs semaines. La bouture donne alors des signes visibles de reprise : nouvelles feuilles, tige plus ferme, croissance progressive.
À ce stade, l’aération se fait par étapes. On entrouvre d’abord la protection, puis on l’enlève complètement sur quelques jours, afin d’habituer la jeune plante à l’air ambiant. Cette transition évite les chocs et renforce les tissus.
La mise en pleine terre se fait hors période de gel, sur un emplacement lumineux et protégé du vent. Un support solide est rapidement nécessaire, car le kiwi développe une végétation abondante dès les premières années.
Bouturage, marcottage ou greffe ?
Chaque méthode de multiplication du kiwi répond à des objectifs différents. Le tableau ci-dessous permet de comparer les trois techniques les plus courantes au jardin.
| Technique | Difficulté | Taux de réussite | Avantages principaux | Limites principales |
|---|---|---|---|---|
| Bouturage | Accessible au jardinier soigneux | 50 à 70 % | Fidélité variétale, peu de matériel, production de plusieurs plants | Enracinement parfois lent, jeunes plants plus sensibles au départ |
| Marcottage | Simple | Bon à très bon | Sécurisant car le rameau reste nourri par la plante mère | Nombre limité de nouveaux plants, manipulation autour du pied existant |
| Greffe | Plus technique | 70 à 90 % avec pratique | Mise à fruit plus rapide, vigueur du porte-greffe | Demande précision, matériel et porte-greffe adapté |
Le bouturage reste un excellent compromis pour multiplier un kiwi au jardin, surtout lorsque l’on souhaite obtenir plusieurs plants identiques sans se lancer dans des gestes trop techniques.
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