Comment lutter contre le puceron noir du cerisier ?

puceron noir du rosier

Les cerisiers, emblèmes de nos jardins, sont bien la cible d’un ravageur tenace : le puceron noir (Myzus cerasi). Discret mais destructeur, ce petit insecte hémiptère s’invite chaque printemps sur nos arbres fruitiers, pour compromettre la beauté des feuilles et la qualité des fruits. Découvrons plus en détail ce ravageur, les signes qui permettent d’identifier sa présence ainsi que des méthodes de prévention et de lutte biologique.

Qu’est-ce que le puceron Myzus cerasi ?

Le puceron noir du cerisier, aussi connu sous le nom scientifique Myzus cerasi, est un ravageur bien connu des vergers. Cet insecte appartient à la famille des Aphididae et classé parmi les hémiptères. Il affectionne tout particulièrement les cerisiers et peut causer des dégâts notables dès les premières chaleurs du printemps. 

Au stade de l’œuf, le Myzus cerasi est de forme ovale, d’abord vert avant de noircir. Ces œufs passent l’hiver sur les branches du cerisier, prêts à éclore au printemps.

Les pucerons adultes se distinguent par leur corps globuleux, noir et brillant. Ils mesurent entre 1,5 et 2,5 mm. Deux formes se développent chez les adultes : certains sont aptères, sans ailes, et restent sur l’hôte primaire, tandis que d’autres, plus petits et munis d’ailes, sont destinés à la migration vers des hôtes secondaires au cours de l’été. Cette adaptation leur permet de coloniser d’autres plantes pour se nourrir et se reproduire, avant de revenir à l’automne sur les cerisiers pour pondre les œufs d’hiver.

Quelles sont les plantes hôtes ?

Le Myzus cerasi est dit diécique, ce qui signifie qu’il nécessite deux types d’hôtes pour compléter son cycle de vie. Son hôte primaire est le cerisier (Prunus cerasus) ou le merisier (Prunus avium), où il s’installe au début du printemps. 

Cependant, lors des mois plus chauds, les pucerons ailés migrent vers des hôtes secondaires tels que le gaillet (Galium), la véronique (Veronica), et l’aspérule (Asperula). Cette alternance entre hôtes permet au puceron de se reproduire et de survivre dans des conditions optimales au fil des saisons.

Cycle de développement

Le cycle de vie du Myzus cerasi se décompose en plusieurs phases selon les saisons, favorisant une propagation rapide.

  • Hiver : les œufs sont pondus sur les branches et près des bourgeons du cerisier, où ils restent en dormance jusqu’à l’arrivée du printemps.
  • Printemps (mars-avril) : à l’éclosion, les larves deviennent rapidement des femelles fondatrices qui se nourrissent de la sève des bourgeons. Ces pucerons se reproduisent sans accouplement (par parthénogenèse), accélérant ainsi la multiplication des colonies.
  • Été (juin-juillet) : la colonie compte alors des pucerons ailés qui migrent vers les hôtes secondaires pour y poursuivre leur reproduction.
  • Automne (septembre-octobre) : les pucerons reviennent sur les cerisiers pour pondre les œufs d’hiver.

Notons que plusieurs générations se succèdent en une année.

Quels sont les dégâts causés par le Myzus cerasi

Le Myzus cerasi se nourissent de la sève des cerisiers, provoque des dommages visibles sur le feuillage. En injectant une toxine lors de l’aspiration, ce puceron cause l’enroulement des feuilles, ce qui leur donne un aspect gaufré et recroquevillé. Les feuilles affectées forment alors des paquets denses.

Le puceron noir sécrète du miellat, une substance sucrée qui recouvre le feuillage et les fruits. Cette substance attire les fourmis, qui contribuent à la protection et à la dispersion des colonies de pucerons. Le miellat peut provoquer des brûlures et un dessèchement des feuilles, donnant à l’arbre, surtout aux jeunes plants, un aspect rabougri et affaibli. 

Ce phénomène peut provoquer la fumagine, un champignon qui se développe sur le miellat et bloque la photosynthèse. Les dégâts du Myzus cerasi coïncident habituellement avec la maturation des cerises, ce qui peut impacter directement leur qualité.

Pour les jeunes arbres, ces infestations successives ralentissent la croissance et augmentent le risque de dépérissemen.

Quels moyens de lutte contre le puceron noir du cerisier

Pour contrôler les populations de pucerons noirs sans perturber l’équilibre du jardin, privilégiez des méthodes naturelles et respectueuses de l’écosystème :

  1. Éloigner les fourmis : utilisez un collier enduit de glu autour du tronc pour empêcher les fourmis de protéger les pucerons.
  2. Encourager les auxiliaires naturels : les prédateurs naturels comme les coccinelles (en particulier la coccinelle à deux points Adalia bipunctata), les syrphes et les chrysopes se nourrissent de pucerons. Installer un hôtel à insectes près des cerisiers attire ces précieux auxiliaires, qui contribuent naturellement à la régulation des pucerons.
  3. Surveillance au printemps : observez attentivement les jeunes pousses dès les premiers signes de l’infestation et intervenez rapidement pour limiter les dégâts.
  4. Gestion des hôtes secondaires : évitez de planter des gaillets, véroniques et aspérules près des cerisiers pour diminuer les sources potentielles de réinfestation estivale.
  5. Traitement au savon noir : un anti-puceron naturel apprécié des amateurs de jardinage biologique.

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