Un chêne qui présente des feuilles blanchies, tachées, jaunissantes ou qui perd des branches peut être atteint par une maladie fongique, bactérienne ou un dépérissement lié à plusieurs facteurs. Oïdium du chêne, pourridié, maladie de l’encre ou encore flétrissement figurent parmi les problèmes à surveiller, avec des symptômes très différents selon l’agent responsable. Observer les feuilles, l’écorce, les rameaux et le pied de l’arbre permet d’orienter rapidement le diagnostic.
Les maladies des feuilles du chêne
Les maladies foliaires sont souvent les premières à attirer l’attention, car leurs symptômes sont directement visibles. Leur gravité varie toutefois fortement : certaines affectent surtout l’apparence du feuillage, tandis que d’autres peuvent affaiblir un jeune sujet ou accentuer un dépérissement déjà engagé.
L’oïdium du chêne
L’oïdium, parfois appelé « blanc du chêne », est principalement provoqué en Europe par Erysiphe alphitoides et Erysiphe quercicola. Il se reconnaît à son dépôt blanc farineux qui recouvre partiellement ou totalement les feuilles et, parfois, les jeunes pousses. Une attaque forte peut provoquer le brunissement, le dessèchement puis la chute prématurée du feuillage.
Les jeunes feuilles sont les plus sensibles. Le chêne pédonculé (Quercus robur) et le chêne tauzin figurent parmi les espèces fréquemment touchées, alors que les chênes persistants le sont généralement moins. Les alternances entre périodes estivales sèches et épisodes humides peuvent favoriser son développement.
Sur un chêne adulte en bonne vigueur, l’oïdium entraîne rarement la mort de l’arbre. La situation est plus préoccupante lorsqu’il intervient après une défoliation causée par le gel ou des chenilles, car la surface foliaire disponible pour la photosynthèse est alors fortement réduite.
L’anthracnose du chêne
L’anthracnose, notamment associée à Apiognomonia quercina, se développe volontiers pendant les printemps frais et humides. Elle provoque des taches brunes à brun rougeâtre aux contours irréguliers, qui peuvent s’étendre et fusionner jusqu’à dessécher une grande partie du limbe.
Les symptômes possibles sont assez variés :
- taches brunes irrégulières pouvant atteindre plusieurs centimètres ;
- feuilles déformées ou recroquevillées ;
- dessèchement d’une partie du feuillage ;
- nécroses sur les pétioles ;
- petits chancres sur les jeunes rameaux lors d’attaques plus marquées.
Un chêne adulte supporte généralement bien une infection ponctuelle. Des attaques répétées deviennent davantage problématiques sur un arbre déjà affaibli par la sécheresse, un sol défavorable ou d’autres pathogènes.
La cloque des feuilles du chêne
La cloque provoquée par Taphrina caerulescens donne aux feuilles un aspect particulièrement reconnaissable. Des zones bombées semblables à de petites cloques apparaissent au printemps. Elles sont d’abord vert pâle ou jaunâtres avant de brunir progressivement.
Le champignon profite surtout d’un printemps frais et humide pour infecter les jeunes feuilles. Malgré son apparence spectaculaire, cette maladie reste généralement sans conséquence majeure pour la santé d’un chêne adulte. Une défoliation importante reste inhabituelle.

Les maladies des racines et du collet
Les atteintes souterraines sont généralement plus préoccupantes que les maladies limitées aux feuilles. Lorsque les racines sont détruites, le chêne perd progressivement sa capacité à absorber l’eau et les éléments minéraux. Les symptômes observés dans la couronne peuvent alors n’apparaître que tardivement.
La maladie de l’encre du chêne
La maladie de l’encre est notamment associée à Phytophthora cinnamomi. Cet oomycète vit dans le sol et s’attaque aux racines. Ses spores pouvant se déplacer dans l’eau, les terrains humides, chauds ou mal drainés favorisent sa dispersion.
Les racines fines meurent progressivement. Le houppier devient alors moins dense, les feuilles peuvent rester petites ou jaunir et certaines branches commencent à sécher. Des craquelures laissant s’écouler un liquide brun-noir peuvent également apparaître près du collet. Sous l’écorce, les tissus atteints prennent souvent une coloration brunâtre.
La sensibilité dépend de l’espèce de chêne. Les chênes vert, liège et rouge peuvent être fortement concernés. Le chêne pédonculé présente également une certaine sensibilité, tandis que le chêne sessile paraît généralement plus tolérant.
L’armillaire et le pourridié
Les armillaires attaquent les racines et le collet en provoquant un pourridié. Armillaria mellea, appelée armillaire couleur de miel, est notamment rencontrée sur les feuillus.
Plusieurs signes peuvent orienter le diagnostic :
- groupes de champignons couleur miel au pied du chêne, surtout en automne ;
- plaques blanchâtres sous l’écorce ;
- cordons noirs semblables à de petits lacets, appelés rhizomorphes ;
- perte progressive de vigueur du houppier ;
- mortalité de branches.
L’armillaire profite souvent d’un arbre déjà affaibli par une sécheresse, une blessure ou de mauvaises conditions de sol. Chez le chêne, elle intervient donc fréquemment dans les dernières étapes d’un dépérissement plutôt que comme seul élément déclencheur.
La collybie à pied en fuseau
Gymnopus fusipes s’attaque surtout aux racines des chênes et peut infecter des arbres qui ne présentaient pas nécessairement de faiblesse initiale. Son évolution est particulièrement lente : un chêne peut rester atteint pendant plusieurs décennies avant que les conséquences deviennent visibles.
Le champignon provoque une dégradation progressive des grosses racines, dans lesquelles des lésions orangées peuvent apparaître. Entre le début de l’été et l’automne, des groupes de champignons brun-roux munis d’un pied allongé et fusiforme peuvent également sortir près du collet.
Une sécheresse peut révéler brutalement l’étendue de l’infection : le système racinaire devenu insuffisant n’arrive alors plus à alimenter correctement la couronne. La destruction des racines augmente aussi le risque de déracinement lors de vents violents. Le chêne pédonculé et le chêne rouge sont particulièrement concernés, tandis que le chêne sessile est moins sensible.
Les maladies du tronc et du bois
Toutes les maladies du chêne ne se manifestent pas par des feuilles tachées ou jaunissantes. Certains organismes se développent directement dans l’écorce ou le bois et peuvent rester invisibles pendant une longue période.
Le charbon de la mère
Le « charbon de la mère » est provoqué par Biscogniauxia mediterranea. Il concerne principalement les chênes des régions méditerranéennes, notamment le chêne-liège.
Le champignon peut rester présent dans l’arbre sans provoquer de dégâts apparents. Une forte sécheresse, une blessure ou un incendie peut favoriser son passage à une phase agressive. De grandes plaques noires rappelant du charbon se développent alors sous l’écorce. Celle-ci se soulève progressivement, tandis que les branches ou certaines parties du houppier se dessèchent.
Une infection sévère peut entraîner la mortalité d’une portion importante de l’arbre, voire du chêne entier lorsque son état général est déjà dégradé.
Les champignons lignivores
Fistulines, ganodermes, phellins et différents polypores peuvent coloniser le bois des chênes. Ils pénètrent notamment par une ancienne coupe, une branche cassée, une fissure ou une blessure du tronc.
La présence d’un gros champignon ou d’une console sur le tronc ne correspond pas forcément à une attaque récente. Le mycélium peut être installé depuis plusieurs années dans le bois avant de produire un organe visible.
Ce type d’atteinte mérite une attention particulière lorsque le chêne se trouve à proximité :
- d’une habitation ;
- d’une terrasse ;
- d’une voie de circulation ;
- d’une aire de stationnement ;
- d’un espace régulièrement fréquenté.
Le feuillage peut paraître encore satisfaisant alors que le bois interne du tronc ou des grosses branches est déjà altéré. Dans cette situation, l’état mécanique de l’arbre doit être examiné par un professionnel capable d’évaluer les risques de rupture.
Le dépérissement du chêne n’est pas une maladie unique
Un houppier qui s’éclaircit, des rameaux morts et des feuilles devenues petites ne désignent pas automatiquement une maladie précise. Chez les chênes, le dépérissement résulte souvent de plusieurs contraintes qui se succèdent et s’additionnent.
Le processus peut par exemple associer :
- un sol trop sec ou peu adapté à l’espèce ;
- un tassement du terrain autour des racines ;
- plusieurs années de déficit hydrique ;
- une forte sécheresse estivale ;
- une défoliation causée par des chenilles ;
- un épisode de gel tardif ;
- une attaque d’oïdium ;
- des insectes xylophages ;
- un pourridié ou une armillaire sur un arbre déjà affaibli.
Les effets peuvent apparaître avec retard. Un chêne soumis à plusieurs étés difficiles peut continuer à produire du feuillage avant que son houppier ne se dégrade réellement deux ou plusieurs années après les épisodes de stress.
Chêne pédonculé et chêne sessile ne réagissent pas de la même manière
Le choix de l’espèce et son adaptation au terrain ont une influence directe sur sa résistance. Le chêne pédonculé (Quercus robur) apprécie les sols disposant d’une bonne alimentation en eau et peut souffrir lorsqu’il pousse sur un terrain trop sec.
Le chêne sessile (Quercus petraea) tolère généralement mieux les déficits hydriques. Cette meilleure adaptation ne le protège toutefois pas de sécheresses répétées, d’un enracinement contraint ou d’un cumul d’agressions.
Lorsqu’un vieux chêne décline, chercher une seule cause donne donc rarement une vision fidèle de la situation. L’état du sol, les épisodes climatiques passés, le système racinaire, les feuilles, le tronc et les éventuels parasites doivent être considérés ensemble.
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