Pucerons, cochenilles, aleurodes, acariens… La liste est longue, et ces petits envahisseurs qui s’attaquent aux orangers. Ces ravageurs, plus ou moins dangereux, sont susceptibles d’affaiblir la plante, freiner sa croissance et compromettre la récolte. Sans oublier les désagréments visuels, comme le miellat collant ou la fumagine noire qui s’installe sur le feuillage.
Teigne du citronnier (Prays citri)
Si vous cultivez un citronnier ou un oranger, surtout dans les régions au climat doux, il se peut que vous croisiez la route de la teigne du citronnier, un petit papillon gris discret… mais dont les chenilles peuvent nuire sérieusement à la floraison. Ce ravageur s’en prend principalement aux fleurs et jeunes fruits, en particulier chez les citronniers, cédrats et certains orangers.
Les symptômes sont souvent visibles au moment de la floraison. Les boutons floraux se flétrissent, brunissent puis tombent, parfois avant même de s’ouvrir. Si vous avez la curiosité de disséquer un bouton tombé, vous y trouverez peut-être une petite chenille blanchâtre ou rosée, bien cachée à l’intérieur. Une forte attaque peut limiter la formation des fruits et, sur les jeunes agrumes, compromettre toute la récolte. Sur un citronnier à floraison continue (comme le citronnier des 4 saisons), les générations de teignes peuvent se succéder toute l’année.
Pour limiter leur impact, quelques gestes simples s’imposent :
- Surveillez attentivement les boutons floraux dès leur apparition
- Ramassez et détruisez systématiquement les fleurs et petits fruits tombés
- Taillez légèrement après la floraison pour supprimer les zones à risque
- Évitez les végétations trop denses ou les débris végétaux au pied des agrumes
- Installez des pièges à phéromones spécifiques au printemps pour piéger les papillons mâles
Sur un petit agrume en pot ou isolé, le simple fait de ramasser régulièrement les fleurs atteintes permet souvent de limiter l’infestation. En complément, un traitement à base de Bacillus thuringiensis (Bt), un bioinsecticide ciblant les chenilles, peut être pulvérisé dès l’ouverture des premiers boutons. Cette méthode reste sélective et respecte les pollinisateurs, à condition de l’appliquer en dehors de leur période d’activité.
Enfin, favoriser la présence d’auxiliaires naturels comme les micro-guêpes parasites (Trichogramma) ou les prédateurs nocturnes contribuera à limiter les populations de teignes au fil des saisons. C’est souvent la combinaison de ces gestes qui permet de garder vos agrumes florissants et productifs.
Mineuse des agrumes (Phyllocnistis citrella)
Parmi les visiteurs indésirables de l’oranger, la mineuse des agrumes mérite toute votre attention, surtout si vous possédez un jeune plant ou un oranger en pot. Ce petit papillon nocturne passe facilement inaperçu… mais ses chenilles, elles, laissent des traces bien visibles.
Les jeunes feuilles de l’oranger sont particulièrement ciblées. Si vous observez des galeries argentées en forme de labyrinthes sinueux sous l’épiderme des feuilles, il y a de fortes chances que la mineuse soit à l’œuvre. Ces chemins brillants sont creusés par les larves qui grignotent la chlorophylle au passage. Avec le temps, les feuilles se déforment, leurs bords s’enroulent ou cloquent, elles jaunissent par endroits, et finissent parfois par tomber.
Les nouvelles pousses tendres sont les plus exposées, notamment en été et à l’automne, lorsque les températures nocturnes restent douces. Une attaque sévère peut compromettre le développement du feuillage de l’année, rendant l’arbre plus vulnérable.
Pour limiter les dégâts, vous pouvez :
- Éviter de trop fertiliser en azote en été, ce qui stimule des pousses tendres très attractives
- Installer des pièges à phéromones spécifiques dès le début de l’été pour capturer les papillons mâles et limiter la reproduction
- Sur les jeunes plants ou orangers en pot, poser un voile anti-insectes fin pendant les périodes de vol (surtout la nuit)
- Retarder légèrement la taille de printemps dans les zones très touchées pour décaler la pousse
Une fois les larves installées dans les feuilles, l’intervention devient plus délicate, car elles y sont bien à l’abri. Supprimez et détruisez rapidement les feuilles minées dès que vous les repérez, surtout sur les jeunes sujets. C’est le moyen le plus efficace d’éviter une propagation rapide.
Cicadelle pruineuse (Metcalfa pruinosa)
La cicadelle pruineuse, arrivée en France depuis le début des années 2000, s’est rapidement fait une place dans nos jardins, et les agrumes n’y échappent pas. Ce petit insecte sauteur grisâtre passe souvent inaperçu à l’œil nu, mais ses larves laissent des traces bien visibles.
En été, vous remarquerez peut-être ces amas cotonneux ou filamenteux blancs collés au revers des feuilles ou sur les jeunes tiges de votre oranger. Ces dépôts cireux sont caractéristiques de la cicadelle. L’insecte pique les rameaux pour se nourrir de sève, ce qui peut entraîner un léger affaiblissement de l’arbre, sans symptômes très marqués sur les feuilles. En revanche, le miellat qu’elle produit favorise l’apparition de fumagine, ce qui donne rapidement un aspect sale et collant au feuillage.
Voici quelques gestes simples pour limiter sa présence :
- Supprimez les herbes adventices ou plantes très infestées aux abords de votre oranger
- Installez, si besoin, des plaques engluées bleues pour piéger quelques adultes et identifier sa présence
- Nettoyez manuellement les amas blancs dès que vous les repérez, avec un chiffon humide ou un jet d’eau
- Pulvérisez du savon noir dilué sur les zones atteintes pour décoller les dépôts et éliminer les jeunes larves
Même si la cicadelle pruineuse ne cause généralement pas de gros dégâts sur les agrumes, elle reste désagréable par son aspect et la fumagine qu’elle génère.
Mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata)
Si vous cultivez des orangers en climat méditerranéen, il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler de la mouche méditerranéenne des fruits. Insecte diptère, elle cible de nombreuses cultures fruitières dont le pêcher, l’abricotier, le prunier, le cerisier ou les agrumes. Petite par la taille, mais redoutable par ses dégâts, elle s’attaque aux fruits en cours de maturation, en particulier à la fin de l’été et en automne.
Les femelles pondent leurs œufs sous l’écorce des oranges. À l’œil nu, on repère souvent un petit point de piqûre entouré d’une zone légèrement molle ou décolorée. Les larves, de petits asticots blancs, se développent à l’intérieur du fruit, creusent des galeries et provoquent un pourrissement interne. À l’extérieur, le fruit peut présenter des taches brunes, suinter et finir par tomber prématurément. Si vous ouvrez un fruit atteint, vous découvrirez une pulpe dégradée, fermentée, et parfois une dizaine d’asticots s’y agitant.
Pour limiter les dégâts, voici quelques gestes simples à adopter :
- Ramassez sans tarder les fruits tombés au sol et détruisez-les (enfouissement profond ou brûlage)
- Surveillez les fruits suspects : taches, flétrissures… Il vaut mieux les cueillir à temps
- Installez des pièges à phéromones dès la fin de l’été pour attirer et capturer les mâles
Araignées rouges et acariens des agrumes
Les araignées rouges et autres acariens sont des invités redoutés sur les orangers. Ces minuscules arachnides s’attaquent aux feuilles et aux fruits en les piquant, affaiblissant ainsi l’arbre petit à petit.
Deux espèces posent surtout problème : le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae), aussi appelé araignée rouge, et l’acarien rouge des agrumes (Panonychus citri). Leur présence se remarque davantage par les dégâts qu’ils provoquent que par leur apparence. Sous les feuilles, de fines toiles peuvent être visibles. Les feuilles piquées prennent un aspect marbré, jaunâtre ou grisé, puis finissent par jaunir entièrement et se déformer. Si l’attaque se prolonge, elles tombent prématurément.
Les fruits ne sont pas épargnés : des taches brunâtres et rugueuses peuvent apparaître, surtout autour du pédoncule, et parfois, l’arbre réagit en produisant des plaques de gomme sur les fruits ou les tiges.
Pour limiter leur développement :
- Maintenez une bonne humidité ambiante, surtout en intérieur : un coup de brumisateur à l’eau non calcaire de temps en temps fait fuir les acariens
- Sortez vos orangers en pot dès que le climat le permet : la pluie naturelle et les prédateurs aideront à les protéger
- Évitez de placer vos agrumes dans une pièce surchauffée et sèche en hiver, préférez un local frais (autour de 10-12°C)
- Surveillez régulièrement le feuillage
Dès les premiers signes (feuilles jaunes, fines toiles), un jet d’eau sous les feuilles permet souvent de limiter l’invasion. En complément, une pulvérisation de savon noir dilué, agit efficacement en étouffant les acariens
Enfin, certaines préparations maison comme le purin d’ortie ou les macérations d’ail peuvent être tentées en prévention. Ces méthodes douces, associées à une bonne surveillance, peuvent permettre de garder votre oranger en bonne santé sans recourir aux produits chimiques.
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