Quels arbustes pour une terre de remblai ?

arbuste terre de remblai

Une terre de remblai n’est pas condamnée à rester nue : certains arbustes s’y développent très bien dès lors que le sol est suffisamment profond, drainant et dépourvu de déchets polluants. Cornouiller, argousier, buddleia, éléagnus ou encore genêt figurent parmi les espèces capables de supporter un terrain pauvre, caillouteux ou irrégulier. Avant de planter, vérifiez toutefois l’origine du remblai, son niveau de compactage et la présence d’une couche de terre végétale, car un sol peu fertile peut être amélioré, tandis qu’un terrain rempli de gravats ou de matériaux douteux demande une préparation plus poussée.

Avant de planter : identifier la nature du remblai

Une terre de remblai ne correspond pas à une catégorie de sol bien définie. Elle peut réunir de l’argile, du sable, des pierres, des terres excavées et parfois des fragments issus d’un chantier. Deux zones distantes de quelques mètres peuvent donc présenter des conditions très différentes.

Les défauts les plus fréquents sont faciles à repérer :

  • une faible quantité de matière organique ;
  • une terre tassée qui bloque l’air et ralentit la progression des racines ;
  • une présence importante de pierres ou de gravats ;
  • un pH élevé à cause du calcaire, du béton ou du mortier ;
  • un écoulement trop rapide de l’eau ;
  • une nappe temporaire au-dessus d’une couche compactée ;
  • une fertilité très variable d’une zone à l’autre.

Creusez plusieurs trous de 40 à 60 cm de profondeur dans les futurs emplacements. Une seule observation ne suffit pas sur un terrain remanié.

Examinez la profondeur réellement accessible aux racines, la proportion de pierres et la manière dont les mottes se défont. Versez ensuite un seau d’eau dans l’un des trous pour observer sa vitesse d’infiltration. Une eau encore présente plusieurs heures plus tard signale souvent une couche peu perméable.

Un test de pH permet également d’orienter le choix des végétaux.

Lorsque le terrain a accueilli un garage, un atelier, une activité industrielle ou un dépôt de matériaux, mieux vaut vérifier son historique. Ne plantez pas d’arbustes à fruits destinés à la consommation tant qu’un doute subsiste sur la qualité du sol.

Pour préparer chaque emplacement :

  • ameublissez une surface bien plus large que la motte ;
  • creusez un trou aussi profond que celle-ci et environ trois fois plus large ;
  • griffez les parois afin d’éviter un effet de pot ;
  • mélangez le compost à la terre extraite sans créer une poche de terreau pur ;
  • replacez le collet au niveau du sol ;
  • surélevez légèrement la plantation dans les zones humides ;
  • installez un paillage organique sans le coller au tronc ;
  • arrosez régulièrement durant les deux premières années.

Dans un sol engorgé, une butte de 25 à 30 cm peut suffire à maintenir la base des racines au-dessus de la zone saturée.

Le cornouiller sanguin : le choix polyvalent

Le cornouiller sanguin, ou Cornus sanguinea, fait partie des valeurs sûres sur un terrain remanié. Il accepte les terres argileuses, calcaires, sableuses ou limoneuses et pousse aussi bien au soleil qu’à la mi-ombre.

Cette souplesse lui permet de supporter un remblai irrégulier, y compris lorsque certaines zones restent ponctuellement humides.

L’arbuste atteint généralement 2 à 3 m de hauteur. Son port assez libre convient aux haies champêtres, aux talus et aux grands massifs naturels. En hiver, ses jeunes rameaux prennent des teintes rouges, orangées ou jaunes selon les variétés.

Le cornouiller sanguin trouve sa place sur les remblais :

  • argileux ou lourds ;
  • calcaires ;
  • exposés au vent ;
  • irrégulièrement humides ;
  • destinés à accueillir une haie libre ;
  • aménagés pour favoriser la biodiversité.

Prévoyez environ 1,50 à 2 m entre les sujets si vous souhaitez conserver une silhouette naturelle. La touffe peut s’élargir progressivement et produire quelques rejets autour du pied.

Une taille courte à la fin de l’hiver stimule l’apparition de nouvelles branches vivement colorées. Vous pouvez aussi le laisser évoluer librement lorsque votre priorité consiste à couvrir un talus ou à créer un écran végétal rustique.

Le troène commun : pour former rapidement une haie

Le troène commun, Ligustrum vulgare, convient bien aux remblais calcaires ou neutres suffisamment drainés. Plus naturel que plusieurs troènes horticoles, il s’intègre facilement dans une haie champêtre ou semi-taillée.

Il accepte le soleil et la mi-ombre, ainsi que les sols pierreux dès lors que les racines disposent d’une profondeur correcte. En revanche, une terre gorgée d’eau pendant l’hiver lui convient peu.

Son feuillage peut être caduc ou semi-persistant selon la région et la rigueur du froid. Sans taille trop précoce, l’arbuste produit en été des fleurs blanches, puis des baies noires non comestibles.

Le troène commun est adapté à un remblai :

  • calcaire ou neutre ;
  • caillouteux sans être totalement aride ;
  • profond d’au moins plusieurs dizaines de centimètres ;
  • placé au soleil ou à la mi-ombre ;
  • exempt d’eau stagnante.

Il atteint facilement 2,50 à 4 m, mais supporte très bien les tailles répétées. Pour constituer une haie dense, espacez les plants de 60 à 80 cm.

Préférez de jeunes sujets plutôt que des arbustes déjà hauts. Leurs racines s’installent plus facilement dans une terre pauvre et leur reprise demande généralement moins de soins. Un arrosage suivi reste toutefois nécessaire pendant les deux premières saisons estivales.

La viorne lantane : idéale sur un remblai calcaire

La viorne lantane, Viburnum lantana, apprécie les terrains minéraux, pierreux et calcaires. Elle se montre particulièrement adaptée lorsque le remblai contient des fragments rocheux ou une forte proportion de calcaire.

Elle pousse dans les sols argileux, limoneux, sableux ou caillouteux, au soleil comme à la mi-ombre. Sa bonne résistance au froid permet de l’utiliser dans de nombreuses régions.

Cette viorne caduque forme un arbuste vigoureux de 2,50 à 4 m, parfois davantage lorsqu’elle dispose de suffisamment d’espace. Ses fleurs blanches printanières sont suivies de fruits passant progressivement du rouge au noir. Ils restent décoratifs, mais ne doivent pas être consommés.

Installez-la de préférence dans les situations suivantes :

  • talus sec et calcaire ;
  • terre pierreuse ;
  • terrain exposé au vent ;
  • haie champêtre ;
  • grand massif peu exigeant ;
  • zone où un port naturel est recherché.

Laissez environ 2 m autour du plant pour qu’il puisse développer sa ramure. Un apport de compost en surface et un paillage l’aideront durant son installation.

La viorne lantane tolère les sols pauvres, mais pas une cuvette où l’eau persiste durablement. Sur un remblai argileux, vérifiez donc l’écoulement avant la plantation.

L’argousier : le spécialiste des remblais pauvres et caillouteux

arbuste terre de remblai

L’argousier, Hippophae rhamnoides, est taillé pour les terrains difficiles. Il pousse dans le sable, le gravier et les terres très pauvres, là où de nombreux arbustes peinent à s’établir.

Son système racinaire étendu contribue à maintenir les sols meubles. Il peut aussi utiliser l’azote présent dans l’air grâce aux micro-organismes associés à ses racines, ce qui lui permet de coloniser des terrains peu fertiles.

L’argousier supporte particulièrement bien :

  • la sécheresse ;
  • les vents forts ;
  • les embruns ;
  • le froid intense ;
  • les sols sableux ou graveleux ;
  • une faible teneur en éléments nutritifs ;
  • les talus très exposés.

Réservez-lui une exposition bien ensoleillée et un terrain où l’eau s’évacue rapidement. Une argile compacte et humide ne lui convient pas.

L’arbuste atteint souvent 1 à 3 m, parfois davantage. Ses branches épineuses et ses nombreux rejets lui permettent de former rapidement une masse végétale dense. Cette vigueur devient un avantage sur un grand talus, mais peut poser problème dans un petit jardin.

Vous pouvez limiter son expansion en supprimant régulièrement les drageons ou en installant une barrière racinaire autour de la zone de plantation.

Les pieds mâles et femelles sont séparés. La production de baies orange demande donc la présence d’un plant mâle à proximité de plusieurs plants femelles. Cette contrainte disparaît lorsque l’arbuste est planté uniquement pour stabiliser ou végétaliser le terrain.

L’éléagnus d’Ebbing : un écran persistant pour sol pauvre

L’éléagnus d’Ebbing, Elaeagnus × ebbingei, forme rapidement un écran épais de 2,50 à 3 m de hauteur. Son feuillage vert foncé au revers argenté reste généralement présent en hiver, sauf lors de froids marqués.

Cet arbuste accepte les sols pauvres, le vent, les embruns et les périodes sèches une fois ses racines bien développées. Il constitue une bonne option pour masquer une vue, abriter le jardin ou garnir le fond d’un massif.

Il convient à un remblai :

  • suffisamment profond ;
  • sableux ou limoneux ;
  • pauvre en matière organique ;
  • exposé au soleil ou à la mi-ombre ;
  • situé dans une zone venteuse ;
  • soumis aux embruns ;
  • correctement drainé.

Son principal ennemi reste l’excès d’eau. Évitez de le placer dans une argile lourde qui demeure saturée en hiver.

Un remblai très superficiel, rempli de gros cailloux et presque dépourvu de terre fine peut également compliquer son installation. Dans ce cas, retirez une partie des gravats, incorporez du compost sur une surface large et ajoutez un paillage épais.

Pour former une haie, espacez les plants de 80 cm à 1,20 m. Ses petites fleurs crème apparaissent en automne et diffusent un parfum intense, malgré leur aspect peu voyant.

Le pyracantha : pour une haie défensive ou un talus

pyracantha terre de remblai

Le pyracantha, ou buisson ardent, supporte les terres calcaires, argileuses, sableuses ou limoneuses. Il accepte la chaleur et les périodes sèches une fois établi, à condition de ne pas rester dans un sol saturé d’eau.

Il peut être utilisé de plusieurs manières :

  • en haie libre ;
  • en haie taillée ;
  • contre un mur ;
  • sur un grillage ;
  • sur un talus ;
  • en écran défensif ;
  • en forme palissée.

Son feuillage persistant ou semi-persistant forme une masse dense. Les fleurs blanches du printemps laissent place à de nombreuses baies rouges, orange ou jaunes selon la variété. Elles attirent les oiseaux pendant la mauvaise saison.

Le pyracantha atteint couramment 2,50 à 4 m. Ses épines sont très acérées : éloignez-le des passages étroits, des espaces de jeux et des zones où vous intervenez souvent.

La taille doit être adaptée à l’effet recherché. Une coupe forte après la floraison élimine une partie du bois qui portera les fruits. Pour conserver une belle fructification, contentez-vous de retirer les branches gênantes et de raccourcir légèrement les pousses trop longues.

Sur un remblai argileux, ameublissez largement les côtés du trou. Un simple volume rempli de terreau au milieu d’une terre compacte retiendrait l’eau comme une cuvette.

Choisissez de préférence une variété reconnue pour sa bonne résistance aux maladies courantes du pyracantha.

Le genêt à balais : uniquement sur un remblai acide et drainant

Le genêt à balais, Cytisus scoparius, n’est pas adapté à tous les remblais. Il devient toutefois très intéressant sur une terre sableuse, siliceuse, pauvre et acide.

Il apprécie les expositions ensoleillées et les sols où l’eau s’écoule rapidement. Sa floraison jaune du printemps apporte une couleur vive aux talus, aux jardins de gravier et aux zones difficiles à végétaliser.

Des variétés proposent également des fleurs :

  • orange ;
  • rouges ;
  • crème ;
  • roses ;
  • bicolores.

Le genêt forme un arbuste léger de 1,50 à 2 m. Son feuillage réduit et ses rameaux verts limitent ses besoins en eau, ce qui lui permet de résister aux terrains secs.

Écartez-le si le remblai est :

  • lourd ;
  • humide en hiver ;
  • fortement compacté ;
  • recouvert d’une couche d’argile imperméable ;
  • très calcaire.

Dans une terre calcaire, il peut présenter une chlorose, reconnaissable au jaunissement du feuillage. Certains nutriments restent alors présents dans le sol, mais deviennent difficiles à absorber.

Achetez un jeune plant et installez-le directement à son emplacement définitif. Le genêt supporte mal les déplacements et les manipulations répétées de ses racines.

Après la floraison, raccourcissez légèrement les jeunes rameaux sans couper dans le vieux bois. Les branches anciennes produisent rarement de nouvelles pousses après une taille trop basse.

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