Parmi les maladies qui affectent le tournesol, la phomopsis figure parmi les plus préoccupantes. Présente dans de nombreuses régions de production, elle fragilise les tiges, réduit le rendement et complique la récolte. Cette pathologie est d’autant plus redoutable qu’elle évolue rapidement et peut passer inaperçue lors des premiers stades d’infestation. Pour les jardiniers comme pour les agriculteurs, comprendre son cycle, identifier ses symptômes et connaître les leviers de lutte adaptés constitue une étape essentielle afin de protéger efficacement les cultures.
Phomopsis du tournesol, une maladie d’importance mondiale
La phomopsis du tournesol, causée par le champignon Diaporthe helianthi, est considérée comme l’une des maladies les plus préoccupantes de cette culture au niveau mondial. Elle touche toutes les grandes zones de production, où elle provoque des pertes de rendement et complique la récolte en raison de la fragilisation des tiges.
En France, une recrudescence est observée depuis quelques années, notamment dans le Sud-Ouest, avec une présence plus modérée dans le Centre-Ouest et la Bourgogne.
La maladie a été observée pour la première fois en Europe dans les années 1970, avant d’être signalée aux États-Unis dans les années 1980 et dans d’autres régions productrices par la suite. Elle est aujourd’hui considérée comme une menace majeure pour la culture du tournesol. Dans les zones de forte production, et particulièrement lorsque les conditions sont chaudes et humides, la phomopsis peut entraîner des pertes de rendement supérieures à 40 %. Son impact ne se limite pas à une baisse quantitative, mais concerne aussi la qualité des graines et la régularité de la récolte, fortement perturbée par la casse prématurée des tiges. Cette dimension économique explique pourquoi la maladie suscite un suivi attentif et fait l’objet de nombreux travaux de recherche et d’amélioration variétale.
Quels sont les symptômes de la Phomopsis du tournesol ?
La phomopsis peut parfois être confondue avec le phoma, mais certains symptômes permettent de la distinguer :
- Sur les feuilles : apparition de taches triangulaires brun foncé, bordées de jaune, qui progressent vers le centre le long des nervures.
- Sur les tiges : développement de taches brun-rougeâtres à la base du pétiole. Celles-ci peuvent entourer complètement la tige, entraînant un échaudage du capitule et, dans les cas graves, une casse prématurée.
- Sur le capitule : petites taches brunes au niveau des bractées ou des feuilles insérées sur le capitule, s’élargissant ensuite et provoquant un dessèchement prématuré.
Ces symptômes fragilisent la plante et réduisent fortement son potentiel de production.
Cycle du champignon
Le champignon responsable de la phomopsis survit d’une saison à l’autre dans les résidus de culture restés au sol, où il hiverne sous forme de périthèces.
Au printemps :
- Des ascospores sont produites et libérées dès 10 °C, surtout en conditions humides. Elles sont disséminées par le vent et la pluie, provoquant les infections primaires.
- Au cours de la saison, des conidies issues des lésions sur les tiges assurent la propagation secondaire de la maladie.
Les conditions les plus favorables à son développement sont des températures de 25 à 27 °C combinées à une hygrométrie supérieure à 85 %.
Quels sont les moyens de lutte agronomiques contre la phomopsis du tournesol ?
La prévention repose avant tout sur des pratiques culturales adaptées :
- Éviter les semis trop précoces, qui exposent les jeunes plants aux contaminations.
- Réduire les densités de semis afin de limiter l’humidité dans le couvert.
- Ne pas excéder les apports d’azote, qui favorisent la sensibilité de la plante.
- Broyer et enfouir soigneusement les résidus de culture après récolte pour réduire l’inoculum.
Le choix variétal constitue un levier majeur. Il existe des variétés résistantes, ou au moins classées comme peu sensibles, permettant de limiter significativement l’impact de la phomopsis dans les zones à risque.






