Maladie de Moko sur les bananiers

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La maladie de Moko est l’une de des principales maladies du bananier. D’origine bactérienne, elle se propage par l’eau, le sol ou les outils. Quelles sont ses causes ? Comment reconnaître ses symptômes ? Et comment la prévenir ?

Quelle est la cause de la maladie de Moko ?

La maladie de Moko est provoquée par une bactérie du sol particulièrement agressive, Ralstonia solanacearum, dans sa forme associée au bananier. Elle s’attaque à toutes les espèces du genre Musa, sans distinction : bananiers dessert, plantains, variétés traditionnelles ou cultivars largement diffusés comme les Cavendish. Autrement dit, aucun bananier cultivé n’est naturellement épargné.

Cette bactérie sait aussi s’installer sur des plantes hôtes dites « alternatives », parfois présentes en bordure de parcelle ou dans les jardins. Certaines espèces ornementales, comme les Heliconias ou les Strelitzia, peuvent héberger la bactérie sans toujours montrer de symptômes marqués.

Répartition géographique

La maladie de Moko est surtout connue dans les régions tropicales et subtropicales. Elle est solidement installée en Amérique centrale et en Amérique latine, où elle constitue un enjeu sanitaire majeur pour les filières bananières. Elle est également présente en Asie du Sud-Est, en Océanie et dans plusieurs pays africains.

Dans les Antilles et en Guyane, des foyers ont été identifiés dans les années 1960 et 1970. La Guyane a connu deux épisodes d’éradication réussie, ce qui montre que des actions rapides et coordonnées peuvent fonctionner lorsqu’un foyer est détecté tôt. Aujourd’hui, aucun développement massif n’y est observé, mais la situation reste sensible. La présence actuelle de la maladie au Suriname et dans l’État de l’Amapá, au Brésil, impose une attention constante, car la proximité géographique augmente les risques d’introduction accidentelle.

Quels organes du bananier sont touchés ?

La particularité de la maladie de Moko tient à sa capacité à coloniser l’ensemble du système vasculaire de la plante. La bactérie circule dans les tissus internes et finit par perturber totalement la circulation de l’eau et des nutriments. Les organes concernés sont nombreux :

  • feuilles et gaines foliaires
  • pseudo-tronc, rhizome et tige
  • hampe florale et fleurs
  • fruits et rachis du régime

Symptômes visibles sur le feuillage

Les premiers signes de la maladie de Moko apparaissent sur les feuilles les plus jeunes. Une légère décoloration s’installe, puis un jaunissement progressif. Les feuilles finissent par flétrir, perdre leur rigidité et retomber. Peu à peu, l’ensemble du feuillage est touché, jusqu’au dépérissement complet du bananier.

Ce point est déterminant pour le diagnostic : contrairement à la fusariose (maladie de Panama), le flétrissement commence ici par les feuilles jeunes. Observer l’ordre d’apparition des symptômes aide donc à orienter l’analyse au champ.

Symptômes internes et atteintes vasculaires

Lorsque l’on ouvre une plante atteinte par la maladie de Moko, les signes deviennent sans équivoque. Les gaines foliaires, le pseudo-tronc et le rhizome présentent un brunissement interne allant du brun rougeâtre au rouge vif dans certaines formes très caractéristiques, parfois appelées « sang du bananier ». Une coupe transversale révèle souvent un exsudat bactérien abondant, visqueux, signe d’une colonisation avancée des vaisseaux.

Le rachis du régime n’est pas épargné : son système vasculaire brunit, témoignant d’une circulation interne fortement perturbée.

Symptômes floraux et sur les fruits

La hampe florale peut noircir entièrement. Dans certains cas, un écoulement bactérien apparaît directement sur la fleur. Lorsque la contamination s’effectue par voie aérienne, via les fleurs, ce sont d’ailleurs souvent les fleurs mâles qui montrent les premiers signes de noircissement.

Les fruits atteints développent une pourriture interne brune et sèche. En coupe, le brunissement est symétrique et bien visible. La circulation de l’éthylène est perturbée, ce qui entraîne un jaunissement et une maturation prématurée des bananes, parfois avant même que le feuillage ne montre des symptômes marqués.

Cas particulier des rejets

Lorsque la bactérie pénètre par une coupe du pseudo-tronc, les rejets sont rapidement touchés. Ils noircissent, restent chétifs et leurs feuilles peuvent flétrir dès le stade dit « cigare ». Ces jeunes plants deviennent alors une source directe de dissémination si rien n’est fait.

Confusions possibles avec d’autres maladies

Plusieurs maladies vasculaires du bananier peuvent prêter à confusion. La chronologie des symptômes reste l’outil le plus fiable pour faire la différence. Une autre affection, appelée « Mokillo », provoque un brunissement interne des fruits sans entraîner le dépérissement général de la plante : dans ce cas, le système vasculaire du pseudo-tronc continue de fonctionner, ce qui n’est pas le cas avec la maladie de Moko.

Modes de transmission de la maladie de Moko

La bactérie responsable de la maladie de Moko reste active dans le sol pendant de nombreux mois et profite de la moindre opportunité pour pénétrer dans les tissus du bananier. Les principales voies de dissémination sont les suivantes :

  • sol contaminé, eau d’irrigation et ruissellements
  • contacts racinaires entre plants voisins
  • outils de coupe non désinfectés, en particulier les machettes
  • insectes fréquentant les fleurs, capables de transporter la bactérie
  • déplacement de rejets, de fruits ou de terre infectés

Les nématodes jouent aussi un rôle indirect : en blessant les racines, ils facilitent l’entrée de la bactérie dans la plante.

Prévention : les bons réflexes à adopter

Face à une maladie aussi persistante, la prévention reste l’arme la plus efficace. Elle repose sur des pratiques rigoureuses et constantes, aussi bien au jardin qu’en culture professionnelle :

  • utiliser uniquement des plants issus de pépinières certifiées saines
  • éviter tout déplacement de rejets entre parcelles
  • supprimer la fleur mâle et ensacher les régimes pour limiter la contamination par les insectes

Ces mesures réduisent aussi la circulation d’autres ravageurs, comme les charançons et les nématodes, souvent associés aux parcelles à risque.

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