8 arbustes résistants à la pollution

arbuste resistant pollution

Pollution routière, poussières, chaleur et sols compactés ne condamnent pas votre jardin urbain à rester sans végétation. Certains arbustes conservent un feuillage dense et décoratif dans ces conditions difficiles, tout en interceptant une partie des particules présentes dans l’air. Leur présence améliore le cadre de vie, sans pour autant remplacer les actions visant à réduire les émissions à leur source.

Quel arbuste résistant à la pollution choisir ?

Le meilleur choix dépend de l’exposition, du climat, de l’espace disponible et du type de haie recherché.

1. Le cotonéaster de Franchet, le spécialiste des particules routières

Le cotonéaster de Franchet, ou Cotoneaster franchetii, fait partie des arbustes les plus intéressants à proximité d’une route. Ses petites feuilles présentent un revers clair et velu sur lequel les poussières peuvent se déposer. Son port ramifié permet également de constituer une barrière végétale compacte.

Lors d’essais consacrés aux haies urbaines, son feuillage a retenu jusqu’à 0,216 mg de particules par cm² dans certaines conditions. Il aurait aussi intercepté environ 20 % de particules supplémentaires par rapport à plusieurs autres haies testées près d’axes très fréquentés.

Ces valeurs ne doivent pas être considérées comme un résultat automatique. La quantité captée varie selon :

  • la densité de la haie ;
  • le volume de circulation ;
  • la direction du vent ;
  • la fréquence des pluies ;
  • la distance entre la plantation et la chaussée ;
  • la surface totale de feuillage.

Persistant ou semi-persistant selon le climat, cet arbuste atteint généralement 2,50 à 4 m. Une taille régulière permet toutefois de le conserver entre 1,50 et 2,50 m. Il pousse au soleil comme à la mi-ombre et accepte différents sols, à condition que l’eau ne stagne pas autour des racines.

Sa floraison nourrit les abeilles, tandis que ses fruits orange-rouge attirent les oiseaux durant la mauvaise saison.

À privilégier : le long d’une rue passante, dans une haie libre ou sous la forme d’un écran légèrement taillé.

À surveiller : les fruits ne sont pas comestibles, de jeunes semis peuvent apparaître autour du pied et l’arbuste peut être atteint par le feu bactérien.

2. Le chalef d’Ebbing, robuste face au trafic, au vent et à la sécheresse

Le chalef d’Ebbing, vendu sous les noms Elaeagnus × ebbingei ou Elaeagnus × submacrophylla, convient particulièrement aux terrains urbains exposés. Ses feuilles épaisses portent de petites écailles argentées, surtout au revers, qui favorisent l’accumulation des poussières.

Sa croissance assez rapide permet de former un écran persistant plus vite qu’avec l’if ou le houx. Installé en limite de propriété, il réduit aussi les vues directes entre la rue et l’habitation.

Il tolère plusieurs contraintes souvent réunies en ville :

  • les périodes sèches après son enracinement ;
  • les vents réguliers ;
  • les embruns ;
  • les sols ordinaires ;
  • le soleil comme la mi-ombre ;
  • les tailles répétées.

Le chalef peut atteindre 2,50 à 4 m de hauteur et presque autant de largeur. Dans une petite parcelle, une taille annuelle suffit généralement pour conserver un port naturel. Une haie très géométrique peut demander une seconde intervention.

Ses fleurs blanc crème apparaissent en automne. Peu visibles, elles diffusent un parfum marqué lorsque l’on passe près de l’arbuste.

À privilégier : dans les jardins littoraux, le long d’une route, sur un terrain sec ou dans un emplacement soumis au vent.

À surveiller : les terres durablement détrempées. Un sol calcaire très mince peut aussi provoquer un jaunissement du feuillage.

3. Le troène, une haie urbaine dense et facile à former

Le troène à feuilles ovales, Ligustrum ovalifolium, reste une valeur sûre pour créer rapidement une haie occultante. Sa croissance soutenue, sa ramification dense et sa bonne réaction à la taille permettent de former un écran régulier en quelques saisons.

Son feuillage est semi-persistant. Il reste largement en place durant les hivers doux, mais peut tomber partiellement lorsque les gelées sont plus fortes. Dans les régions froides, le troène commun, Ligustrum vulgare, se montre généralement mieux adapté.

L’intérêt du troène vient surtout de sa capacité à produire une masse importante de feuilles et de rameaux. Une haie suffisamment épaisse oppose une barrière physique aux poussières transportées depuis la chaussée.

Sans taille, l’arbuste peut approcher 4 m. Pour une haie maintenue entre 1,50 et 2,50 m, prévoyez deux interventions annuelles, parfois trois si vous recherchez des lignes très nettes.

Une taille moins stricte laisse apparaître davantage de fleurs favorables aux insectes pollinisateurs. Leur parfum reste toutefois assez puissant, ce qui peut déplaire près d’une terrasse ou d’une fenêtre.

À privilégier : pour obtenir une haie économique, dense et rapidement occultante.

À surveiller :

  • les baies noires sont nocives en cas d’ingestion ;
  • la haie demande un entretien plus fréquent que l’aucuba ou le laurier-tin ;
  • le feuillage peut devenir caduc dans les secteurs froids.

4. L’if commun, la solution durable pour une haie persistante

L’if commun, Taxus baccata, convient aux jardins dans lesquels la haie doit rester belle durant plusieurs décennies. Ses aiguilles serrées forment un feuillage persistant disponible toute l’année pour retenir une partie des poussières.

Il supporte la pollution urbaine, le vent, les tailles répétées et les fortes gelées. Une fois bien enraciné, il tolère également des périodes relativement sèches.

Son principal avantage réside dans sa capacité à repartir sur le vieux bois. Une haie devenue trop large peut donc être réduite plus sévèrement que de nombreux conifères sans laisser durablement des zones dégarnies.

L’if accepte :

  • le soleil ;
  • la mi-ombre ;
  • une ombre assez marquée ;
  • les terres acides, neutres ou calcaires ;
  • une taille étroite et précise.

Sa croissance lente demande de la patience, mais elle facilite ensuite le maintien d’une haie peu encombrante. Cette caractéristique le rend intéressant dans les petits jardins, les cours urbaines et les passages où chaque centimètre compte.

À privilégier : pour une haie formelle, persistante, étroite et durable.

À surveiller : presque toutes les parties de l’arbuste sont toxiques en cas d’ingestion. L’if doit rester éloigné des chevaux et des animaux d’élevage. Évitez également les sols saturés d’eau, favorables au dépérissement des racines.

5. L’aucuba du Japon, le meilleur choix pour les espaces urbains ombragés

Peu d’arbustes persistants supportent aussi bien l’ombre, les poussières, les embruns et une sécheresse passagère que l’aucuba du Japon, Aucuba japonica. Il trouve sa place dans les cours encaissées, les jardins orientés au nord et les passages situés entre deux bâtiments.

Ses grandes feuilles épaisses et brillantes offrent une surface foliaire généreuse sur laquelle les poussières peuvent se déposer. L’aucuba est surtout apprécié pour sa résistance aux conditions urbaines difficiles plutôt que pour une performance de filtration précisément quantifiée.

Il forme progressivement un buisson arrondi pouvant atteindre environ 3 m de hauteur et de largeur. Les cultivars panachés apportent des touches jaunes ou crème dans les zones peu lumineuses.

L’aucuba demande peu de soins :

  • installez-le à l’ombre ou à la mi-ombre ;
  • conservez un sol drainé ;
  • arrosez durant les premiers étés ;
  • retirez uniquement les branches déséquilibrées ;
  • évitez les tailles systématiques au taille-haie.

Les aucubas sont dioïques. Les pieds mâles et femelles sont séparés. Pour obtenir des fruits rouges sur une plante femelle, un plant mâle compatible doit se trouver dans les environs.

À privilégier : sous des arbres, contre une façade au nord ou dans une cour ombragée exposée aux poussières urbaines.

À surveiller : les sols asphyxiants, le soleil brûlant et les baies qui ne doivent pas être consommées.

6. Le houx de Highclere, résistant aux environnements urbains et côtiers

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Le houx de Highclere, Ilex × altaclerensis, est un hybride persistant plus vigoureux et souvent moins épineux que le houx commun. Son feuillage coriace supporte bien les dépôts de poussière, le vent et l’air salin.

Il peut être planté dans des sols argileux, limoneux, sableux ou calcaires, dès lors que le drainage reste correct. Il pousse au soleil comme à la mi-ombre et résiste à des températures proches de –15 à –20 °C.

Le choix du cultivar mérite une attention particulière. Le type botanique peut dépasser 12 m et évoluer vers un véritable petit arbre. Pour une haie, sélectionnez une variété adaptée et maintenez-la autour de 2 à 3 m par des tailles régulières.

Le houx de Highclere convient surtout aux situations suivantes :

  • grande limite de propriété ;
  • haie exposée aux vents ;
  • jardin urbain proche du littoral ;
  • écran persistant à conserver toute l’année ;
  • terrain calcaire correctement drainé.

Comme les autres houx, il porte les fleurs mâles et femelles sur des pieds différents. Les baies apparaissent uniquement sur les plantes femelles fécondées par un pollinisateur compatible. Elles nourrissent les oiseaux, mais ne sont pas destinées à la consommation humaine.

À surveiller : le volume adulte. Un cultivar trop vigoureux peut rapidement devenir encombrant dans un jardin étroit.

7. Le laurier-tin, une option fleurie pour les villes au climat doux

Le laurier-tin, Viburnum tinus, associe un feuillage persistant dense à une floraison hivernale. Ses boutons rosés s’ouvrent en fleurs blanc crème, puis laissent place à des fruits bleu métallique qui foncent en mûrissant.

Différentes formes de laurier-tin ont été étudiées en bordure de route pour mesurer l’accumulation de particules liées au trafic sur les feuilles. L’arbuste est également connu pour bien supporter les atmosphères urbaines.

Il atteint environ 3 m, mais peut être maintenu plus bas par une taille effectuée après la floraison. Il s’adapte au soleil, à la mi-ombre et à une ombre légère, dans une terre modérément fertile qui évacue correctement l’eau.

Sa rusticité reste plus limitée que celle du cotonéaster, de l’if ou du pyracantha. Il convient donc mieux :

  • aux villes de l’Ouest ;
  • aux régions méridionales ;
  • aux jardins littoraux ;
  • aux cours abritées ;
  • aux emplacements protégés des vents froids.

Dans une haie mélangée, il apporte de la couleur durant une période où peu d’arbustes fleurissent. Vous pouvez l’associer à un chalef, un houx ou un cotonéaster pour obtenir un écran persistant plus varié.

À surveiller : les températures régulièrement inférieures à –10 °C et les vents froids desséchants. Les fruits restent ornementaux et ne doivent pas être consommés.

8. Le pyracantha, une barrière défensive résistante et favorable aux oiseaux

Le pyracantha, aussi appelé buisson ardent, forme une haie persistante dense et difficile à franchir. Ses rameaux épineux constituent une protection efficace autour d’un jardin ou le long d’une limite donnant sur la rue.

Le cultivar ‘Teton’ produit une floraison blanche au début de l’été, suivie de nombreuses baies jaune orangé. Son feuillage résiste bien aux atmosphères urbaines et demeure présent durant l’hiver.

Le pyracantha peut atteindre 2,50 à 4 m. Il s’utilise de plusieurs manières :

  • en haie défensive ;
  • en arbuste libre ;
  • contre un mur ;
  • sur un treillage ;
  • autour d’un espace favorable aux oiseaux.

Il accepte le soleil, la mi-ombre, les emplacements exposés et différents sols drainés. Sa bonne résistance au froid permet de le planter dans une grande partie de la France.

Ses fleurs attirent les pollinisateurs et ses fruits nourrissent plusieurs espèces d’oiseaux. Pour conserver une fructification abondante, évitez de tailler systématiquement tous les jeunes rameaux après la floraison.

À privilégier : le long d’une rue, contre un mur peu accueillant ou autour d’un terrain nécessitant une limite végétale dissuasive.

À surveiller : les épines rendent cet arbuste peu adapté aux passages étroits et aux zones fréquentées par de jeunes enfants. Le feu bactérien et la tavelure peuvent l’atteindre ; choisissez un cultivar peu sensible et supprimez rapidement les rameaux malades.

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